Droite ou gauche, ils n’aiment qu’une justice à leur botte

 

03 juillet 2014

Sarkozy ne fera pleurer personne, sauf s’il met de l’oignon dans ses casseroles. Sa harangue contre les juges ne peut que déclencher le rire. Lui, ses prédécesseurs et son successeur n’ont jamais voulu qu’une justice à leur botte.

De la gauche à la droite, ils en ont abusé, en profitent et continueront leurs forfaits tant que les juges auront pour président du Conseil supérieur de la magistrature…le chef de l’Etat.

Le temps me manque pour un récapitulatif complet des abus judiciaires commis depuis la naissance de la Ve République. C’est le rôle des médias, mais leur passivité, pour ne pas dire plus, l’a réduit à celui d’autruches.

Restons dans le domaine qui continue de me hanter : l’impunité des pédocriminels depuis Outreau. Sous la présidence de Chirac, avec Sarkozy à l’Intérieur, une véritable forfaiture a été commise par le procureur général de Paris, Yves Bot, en décembre 1985.

En pleines Assises, à Paris en appel dans l’affaire d’Outreau, ce magistrat s’est immiscé dans l’enceinte, devant les caméras, en l’absence des jurés et des accusés, pour présenter aux prévenus, dont trois avaient pourtant avoué leurs forfaits, ses « regrets », avant même le délibéré des jurés.

Rappelons aux jeunes lecteurs de ces lignes (et élèves de l’école de la magistrature), qui l’ignorent peut-être, que le dossier Outreau avait été manipulé par le pouvoir de droite pour tenter de supprimer la fonction de juge d’instruction en France. L’excellent juge Fabrice Burgaud avait été voué aux gémonies par les politiques, relayés par une presse hélas complice, avec la complicité objective d’une gauche étrangement muette.

Non seulement la forfaiture d’Yves Bot – j’insiste sur le terme, en espérant qu’il me poursuive en diffamation – n’a pas été sanctionnée par le Conseil supérieur de la magistrature, mais le susnommé bénéficie depuis 2006 d’une sinécure à la Cour européenne de justice, au Luxembourg, comme Premier avocat général.

A gauche, le scandale des écoutes téléphoniques sous Francisque Mitterrand, pire que celui du Watergate, aurait dû provoquer la chute de cet ancien collaborateur, ami indéfectible de René Bousquet, mentor de la rafle de 42.000 juifs au Vel d’Hiv à Paris en 1942, jusqu’à l’assassinat de cette crapule en 1993.

Aucun des coupables dans la cellule élyséenne responsable des écoutes n’a passé un seul jour en prison. Et ainsi de suite…

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