L’évitable martyre du prêtre Jacques Hamel

28 juil. 16

 

Le pouvoir actuel peut haïr les polémiques contraires à ses vérités officielles, il n’empêchera pas les hommes libres, jusqu’à nouvel ordre ( ?), d’en déclencher quand il s’agit de s’en tenir aux faits dans la lutte contre le terrorisme djihadiste.

 

Le prêtre Jacques Hamel a péri égorgé sur son autel par deux fous de Dieu, dont l’un, Abdel Malik Nabil Petitjean, était connu avant le crime pour sa photo, un fichier S le concernant, une tentative de se rendre en Syrie, et son intention de commettre un attentat.

 

Toutes ces données n’ont rien de secret, vous les trouverez dans les médias de ce jour. Mais aucun ne pose les questions qui découlent pourtant de leurs révélations.

 

1-   Depuis la fin juin, la police française avait établi un fichier S sur Nabil Petitjean à partir d’informations tardives des services turcs sur l’entrée en Turquie le 10 juin de cet individu, rentré le lendemain en France sans avoir pu se rendre probablement en Syrie, d’où la fiche S. Or on apprend aujourd’hui que si la police française n’a pu identifier son corps que trois jours après l’égorgement du prêtre, c’est qu’elle n’avait ni sa photo ni ses empreintes digitales pour comparer ces dernières à celles du corps, « car il n’avait pas d’antécédents judiciaires ». Donc, une fiche S a été remplie le concernant, avec son identité, sans recherche de son adresse, de sa photo et de son empreinte contenues dans le dossier de son passeport au fichier des préfectures, et par conséquent sans audition ni perquisition à son domicile. Il naviguait donc à Saint-Etienne-du-Rouvray et en France comme un poisson dans l’eau.

 

2-  Vendredi dernier, soit trois jours avant le massacre du prêtre, un informateur envoie une photo à la police française d’un individu, sans son identité, qui pourrait commettre « un attentat imminent sur le territoire français ». L’Uclat (Unité de coordination dans la lutte antiterroriste) a diffusé alors ce cliché à tous les services de police, gendarmerie, douanes. Mais aucun appel à la population sur ce risque, avec la photo du suspect, n’a été diffusé sur les chaînes de télévision. Qui peut nier que Nabil Petitjean aurait alors pu être repéré par ses voisins? Pourquoi cette alerte n’a-t-elle pas été lancée ? Aucun média ne pose la question, pourquoi ? Il le faut bien, pourtant, puisque l’état de guerre actuel laisse prévoir d’autres situations similaires. On arrête bien des criminels de droit commun avec des portraits robots, alors, avec une photo…

 

Il ne s’agit pas ici de polémiquer, ni de critiquer, encore moins de lancer l’opprobre, quand on sait l’immensité de la tâche policière, mais de rétablir les faits et de poser les questions. Elles peuvent servir pour l’avenir. Car le martyre du prêtre Jacques Hamel était évitable.

 

 

 

 

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