Outreau : le Parquet a reconnu que Lavier avait commis des « viols et agressions sexuelles » sur sa fille mineure (EXCLUSIF)

Un nouveau « mystère », pour rester décent, vient de surgir dans l’affaire Franck Lavier, l’un des acquittés d’Outreau, à nouveau poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur sa fille mineure entre 2014 et 2016.

L’article récent du Parisien sur les réquisitions de renvoi en correctionnelle de Lavier pour ces faits, par le Parquet de Boulogne-sur-Mer, ne correspond pas à la réalité, loin de là.

Dans le texte du Parquet, dont j’ai obtenu la copie, il est écrit que « les faits de viols et d’agressions sexuelles par ascendant sont caractérisés, et ce, malgré les dénégations de Franck Lavier, mais ils doivent être analysés, en opportunité, en faits d’agression sexuelle par ascendant. Le renvoi en correctionnelle est requis ».

Le Parquet devra expliquer ce que recouvre l’énigmatique expression « en opportunité », et les raisons du délai considérable de cinq années entre la mise en examen de Lavier pour viols sur sa fille, le 10 juin 2016, et ces réquisitions de juin 2021. « Cela veut dire tout simplement : ‘on fait ce que l’on veut’ », m’a traduit un haut magistrat qui n’a pas la langue dans sa poche.

Jusqu’ici, le procureur n’a répondu à aucun de mes nombreux mails. Garant de la paix sociale, le magistrat a-t-il voulu éviter une relance de la polémique sur les procès d’Outreau ? Les mauvais esprits ne manqueront pas de s’interroger sur l’éventuel rôle du garde des Sceaux. Eric Dupond-Moretti s’était distingué comme avocat de la défense aux procès d’Outreau en 2004 et 2005 en agressant verbalement les petites victimes de viols, acculées dans le box des accusés, lesquels avaient été installés sur les bancs du public et des journalistes.    

L’affaire Lavier est d’ailleurs loin d’être jugée, puisque l’on attend toujours la décision de renvoi que prendra  juge d’instruction en charge du dossier. La réquisition du Parquet remonte en effet au 20 avril 2021.

De source proche du dossier, la partie civile a déjà fait connaître qu’elle refuserait un renvoi en correctionnelle. Dans l’article du Parisien, totalement à décharge pour l’accusé puisque la partie civile n’a pas été interrogée, seule l’avocate de Lavier, Me Fabienne Roy Nansion, est citée.

Selon ma même source, l’ancienne bâtonnière de Boulogne-sur-Mer a affirmé à tort que la jeune victime « avait refusé la confrontation avec son père ». Cette confrontation a bien eu lieu le 9 juillet 2020, et la victime y a confirmé ses déclarations antérieures.

Après les réquisitions du Parquet pour juger en correctionnelle Franck Lavier, l’association de défense des enfants victimes, Innocence en danger, m’a annoncé hier sa décision de se porter partie civile pour défendre la victime. Sa présidente, Homayra Sellier, s’interroge : « Qu’y a-t-il de mystérieux dans cette affaire pour que la qualification de crime ait été écartée ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *