Une seconde victime de Matzneff le dénonce dans un livre sans oser parler de viol

L’emprise du pédocriminel sur un mineur est telle qu’elle peut durer pendant des décennies, faciliter la prescription judiciaire, et se maintenir même après la prise de conscience de son calvaire par la  victime, comme en témoigne le cas de Francesca Gee.

Cette ancienne journaliste, aujourd’hui âgée de 63 ans, dénonce dans un livre auto-édité, « L’arme la plus meurtrière », à paraître le 28 septembre, les « atteintes sexuelles » commises sur elle quand elle avait 15 ans par Gabriel Matzneff, réfugié en Italie.

 Mon enquête sur « La pédocratie à la française » (Editions Fabert) avait révélé cet autre scandale, après les révélations en janvier 2020 de Vanessa Springora, dans son livre « Le consentement » (Seuil), sur les viols de l’écrivain à son encontre quand elle avait 13 ans.

Le témoignage de Mme Gee dresse « le portrait d’un étonnant personnage dont les menées ont été protégées, au long d’un demi-siècle, par des hommes parmi les plus puissants », ainsi qu’elle l’a confié à l‘AFP. Elle y relate aussi le « cataclysme qui [l]’a brisée à 15 ans, et qui a changé le cours de [son] existence ». Son premier manuscrit sur ce drame avait été refusé en 2004 par tous les éditeurs français contactés.

Malgré ce chemin de croix, elle minimise aujourd’hui  les crimes de l’écrivain : « je n’accuse pas Gabriel Matzneff de viol, puisqu’en droit français la définition du viol est très spécifique, et qu’elle ne s’applique pas vraiment à ma situation. Par contre, je tiens à dire à quel point ce personnage a été néfaste et destructeur, pour moi comme pour beaucoup d’autres. Notamment à travers des atteintes sexuelles et du harcèlement », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Non, Francesca Gee, vous faites erreur, volontairement ou à votre corps défendant. La nouvelle loi adoptée en avril dernier qualifie de viol toute relation sexuelle entre un mineur de 15 ans et un adulte, et Matzneff avait 37 ans quand il vous a séduite. Cette loi élimine la justification du « consentement » de la victime mineure, jusqu’ici invoquée par les pédocriminels pour éviter les poursuites judiciaires.

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