La Commission sur l’inceste exige la radiation du SAP en justice !


C’est une autre victoire pour les mères que cette recommandation ce matin de la CIIVE. Le syndrome d’aliénation parentale (SAP) est un faux concept inventé par un psychiatre fou, Richard Gardner (il s’est suicidé de 18 coups de couteau), et propagé dans les prétoires français par « l’expert » Paul Bensussan aux dépens des enfants violés et de leurs mères protectrices. Il revient à accuser les mères de mentir et d’avoir incité leur enfant à faire de fausses accusations d’inceste contre le père dans les conflits conjugaux. Ce recours au SAP par les avocats de la défense des prédateurs sexuels, depuis les procès d’ Outreau – un scandale contre les 12 enfants violés et indemnisés par l’Etat -, explique l’ignominie subite par les mères dans les tribunaux lorsqu’elles osent dénoncer un inceste paternel.La CIIVE demande la suppression de son utilisation en justice. Voici le texte de la Commission sur l’inceste et les violences sexuelles: La pseudo « aliénation parentale »Le déni des violences sexuelles faites aux enfants est cautionné par l’usage fréquent et problématique de discours anti-victimaires, tels que les pseudo concepts d’aliénation parentale et de syndrome d’aliénation parentale (SAP).Le pseudo « syndrome d’aliénation parentale » a été inventé par le docteur Richard Gardner à la fin des années 1980. Il accrédite l’idée que dans la plupart des cas de séparations conjugales conflictuelles, le parent avec qui vit l’enfant, c’est-à-dire la mère le plus souvent, « lave le cerveau » de l’enfant pour que celui-ci refuse de voir son autre parent, le père le plus souvent.Malgré l’absence de validation scientifique, le pseudo SAP s’est très largement diffusé dans la pensée et dans les pratiques des professionnels. Il contribue à l’invisibilisation des violences sexuelles faites aux enfants, de même qu’il rend impossible d’être un parent protecteur, puisque la mère tentant de protéger son enfant victime d’inceste se trouve accusée de le manipuler.La CIIVISE appelle l’ensemble de professionnels à proscrire le recours au pseudo syndrome d’aliénation parentale, tout particulièrement dans le processus de décision judiciaire.La CIIVISE rappelle que dès juillet 2018, le ministère de la Justice a mis en ligne une note d’information sur le site intranet de la direction des affaires civiles et du sceau pour « informer les magistrats du caractère controversé et non reconnu du syndrome d’aliénation parentale, les inciter à regarder avec prudence ce moyen lorsqu’il est soulevé en défense et leur rappeler que d’autres outils sont à leur disposition en matière civile »Dans le cadre de l’appel à témoignages, la commission a également reçu le témoignage d’un certain nombre de professionnels. Parmi ces derniers, celui d’une pédopsychiatre qui se dit « très inquiète de la totale surdité du service d’enquête sociale aux propos de l’enfant et de leur certitude qu’il s’agit d’un syndrome d’aliénation parentale ».Pour protéger les victimes et faire reculer l’impunité des agresseurs, il faut à la fois une législation et des pratiques professionnelles protectrices.Car le risque que courent la société et les professionnels n’est pas d’inventer des violences mais de laisser passer des enfants victimes sous leurs yeux sans les protéger.Or, poursuivre une mère pour non-représentation d’enfant, c’est d’abord la soumettre à l’injonction paradoxale mentionnée précédemment (protéger son enfant ou respecter la loi) mais c’est aussi envoyer l’enfant là il ne veut pas aller parce qu’il y est victime de violences.Face à cette injonction paradoxale, il est impératif – comme le recommande Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire des violences faites aux femmes du département de la Seine-Saint-Denis, qui promeut une culture de la protection – de penser la protection avant la sanction et de sécuriser les mères dans cette attente.C’est la raison pour laquelle la commission préconise de suspendre les poursuites pénales pour non-représentation d’enfants contre un parent lorsqu’une enquête est en cours contre l’autre parent pour violences sexuelles incestueuses. Protéger la mère, c’est déjà protéger l’enfant ».
Je précise d’autre part que le 6 octobre 2021, le Parlement européen s’est prononcé contre l’utilisation du concept. Il souligne notamment que l’OMS tout comme l’American Psychological Association (APA) rejettent son usage car il peut ”être utilisé comme stratégie contre les victimes de violence en remettant en cause les compétences parentales des victimes”. Il conclut par ailleurs que ce concept d’aliénation peut “nuire aux femmes victimes de violences conjugales” et qu’il “met en péril les droits et la sécurité de la mère et des enfants”. Il invite donc “les États membres à ne pas reconnaître le syndrome d’aliénation parentale dans leur pratique judiciaire et à décourager voire interdire son utilisation dans les procédures judiciaires, notamment lors d’enquêtes visant à déterminer l’existence de violences”.

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