EXCLUSIF Le triomphe de Séverine Moulin après 14 ans d’arcanes judiciaires: 10 ans de réclusion pour son violeur en liberté, immédiatement incarcéré


16 décembre 2021
Cette condamnation du prédateur la nuit dernière aux Assises d’Avignon doit inciter toutes les victimes de viol ou d’inceste à ne jamais désespérer de voir un jour leur bourreau finir derrière les barreaux pour entamer enfin leur résilience.
Aucun média n’a encore relaté à cette heure le verdict de 10 ans de réclusion criminelle contre le prédateur, Marcel Renoult, 72 ans, qui a été écroué sur le champ.
Pour ceux qui ont lu mon livre « La pédocratie à la française », ce drame y est relaté dans l’Annexe 3.
Pour avoir eu le courage de dénoncer l’auteur de viols sur elle entre ses 8 et 13 ans, cette dame de 42 ans sortie de l’amnésie traumatique a connu un enfer long de quatorze ans depuis le dépôt de sa plainte en 2007.
Fille d’un officier de la Marine nationale, Séverine Moulin a subi les derniers outrages dans la maison de Marcel Renoult, un autre officier de la Marine, à Djibouti puis en métropole entre 1988 et 1993. Comme la plupart des enfants, elle n’a rien dit à ses parents sous le poids de la peur et de la honte. Devenue adulte, elle a décidé de le dénoncer, « surtout pour ne pas qu’il recommence avec d’autres enfants ».
Selon une source proche du dossier, elle a été longuement et correctement auditionnée par des gendarmes à Rochefort (Charente-Maritime) en 2007. Et puis plus rien. Les mois, les années ont passé, sans nouvelles du tribunal désormais chargé de l’affaire dans le Sud, ni de l’avocat commis d’office, avec à la clef six tentatives de suicide, des dépressions, automutilations et hospitalisations. Personne ne la prend au téléphone quand elle tente d’avoir un magistrat, un greffier ou une secrétaire, on lui raccroche au nez, ou on la balade de poste en poste jusqu’à une nouvelle coupure.
Enfin, en 2012, une greffière daigne l’écouter, et va consulter son dossier. Quand elle apprend la nouvelle au bout du fil, Sèverine Moulin s’écroule en sanglots: sa plainte a été classée sans suite par une substitut du procureur à Avignon, en 2009. Non seulement la victime n’avait jamais reçu cette notification, mais la plainte ne pouvait être prescrite puisque le délai de vingt ans après les faits criminels n’avait pas été dépassé. Cette erreur incita la greffière à contacter aussitôt la substitut concernée. Celle-ci appela la plaignante le soir-même, reconnut avoir commis une erreur, s’en excusa, et l’assura qu’elle s’occuperait avec diligence de son affaire en restant en contact avec elle. « Je vous ai fait perdre trois années », lui avoua alors la magistrate.
Un nouveau silence s’installa, pendant trois ans. Ce n’est qu’en 2015 que Mme Moulin fut enfin appelée par un juge, puis par deux autres, pour des auditions après la réouverture d’une information. En 2016, Marcel Renoult était mis en examen pour viol sur elle, et atteintes sexuelles sur une autre fillette. Une autre mauvaise surprise attendait la victime dans un courrier judiciaire : son prédateur n’avait pas été incarcéré. Il était placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention.Marcel Renoult a vécu jusqu’au procès sous le soleil, dans le superbe massif du Lubéron, à l’est d’Avignon. Mais Sèverine Moulin a repris espoir de le voir condamné quand une ordonnance d’octobre 2017 l’a renvoyé devant les Assises à Avignon cette semaine.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les jurés, à l’unanimité, ont condamné Renoult à 10 ans de réclusion criminelle, et il a été immédiatement incarcéré.

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