Le fantôme de Jimmy Savile rôde sur le royaume britannique

Si le régime politique d’Outre-Manche est réputé pour savoir (lui-aussi) protéger ses membres pédophiles, il n’est pas à l’abri de retours de bâton, comme celui asséné sur le leader travailliste de l’opposition par le Premier ministre.

Accusé par Keir Starmer d’avoir violé le confinement avec ses conseillers et son épouse Carrie lors de fêtes arrosées au 10  Downing Street (siège du gouvernement), Boris Johnson l’a mis en cause pour l’impunité dont a bénéficié Jimmy Savile, le plus grand pédocriminel en série de l’histoire.

Célèbrissime animateur de radio et télévision à la BBC pendant quarante ans, devenu « Sir » par la grâce de la monarchie, ami intime du prince Charles héritier de la Couronne, Sabile est décédé dans son lit en 2011 sans avoir passé une journée en prison. Les raisons ne manquaient pourtant pas pour l’enfermer à double tour : l’enquête post-mortem enfin ouverte après son inhumation permit de comptabiliser quelque 500 viols de mineurs commis par ce déchet de l’humanité si longtemps courtisé par le haut du pavé anglais.

Devant la Chambre des communes la semaine dernière, le Premier ministre a affirmé que Keir Starmer avait « échoué à poursuivre pénalement » Jimmy Savile lorsqu’il dirigeait le ministère public comme procureur général de 2008 à 2013. Le chef de l’opposition a eu beau exiger, en vain, des excuses de Boris Johnson, et traiter de « fascistes » ceux qui lui font le même reproche sur les réseaux sociaux depuis des années, son rôle dans le dossier Savile ne manque pas de troubler. Le pédocriminel avait été en effet entendu par la police en 2009 après le dépôt de plainte pour viol de quatre mineurs. Or il avait été étrangement relâché sans aucune inculpation, « faute de preuves ».

Un énorme scandale avait éclaté en 2012 quand fut révélée l’étendue des crimes commis ce prédateur, obligeant Starmer à ouvrir une enquête. Le rapport final, signé par une fonctionnaire nommée par le procureur ( !),  releva bien des anomalies dans l’absence de poursuites, mais conclut que le procureur n’avait pas eu à connaître du dossier judiciaire.

(Mon commentaire : cette conclusion, pathétique, prouve une fois de plus combien les élites peuvent se moquer du peuple. Sir Starmer, qui croira que les policiers et juges sur le terrain n’ont pas immédiatement contacté votre cabinet quand ils ont vu devant eux celui, devenu « Sir », qu’ils adulaient enfants à la télé, que leur progéniture a ensuite admiré, et qui séjournait à l’occasion dans le château écossais de Charles le prochain roi ?

Messieurs les directeurs de la BBC (d’avant 2012), Savile violait des fillettes et des garçonnets y compris dans sa loge à la BBC, et vous n’en avez jamais rien su, si  vous n’avez rien vu ? )

Cette affaire colle déjà comme un sparadrap au quotidien du chef travailliste. A son arrivée à pied mardi à Westminster, Starmer a été escorté de cris et d’insultes comme « complice de Savile » ou « tu as du sang sur les mains » par des manifestants du groupe extrémiste « Team Alpha ». Leur inspirateur n’est autre que Piers Corbyn, frère aîné de Jeremy Corbyn, l’ancien chef du parti travailliste détrôné par…Keir Starmer.

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